Le Premier ministre s’est adressé aux entrepreneurs, leur rappelant combien l’État les avait aidés pendant la crise, les appelant à améliorer les salaires des Français au moment où une inflation persistante mine leur pouvoir d’achat. Sera-t-il entendu par les Dirigeants du Crédit Agricole?

A notre grand regret, la délégation patronale de la Fédération Nationale du Crédit Agricole n’a pas eu le mandat des Caisses Régionales pour permettre aux salariés de la Branche Crédit Agricole d’obtenir une hausse des salaires permettant de préserver leur pouvoir d’achat.

Pourtant le contexte actuel permettait d’envisager une forte hausse des salaires.

La croissance économique en France devrait s’établir à 3,9% selon les prévisions des économistes CASA.

Les Caisses régionales, ont profité de ce regain de croissance et les résultats 2021, hors dividende CASA, sont meilleurs que prévus puisqu’ils sont supérieurs à 3 milliards d’€ (plus de 4 milliards d’€ si on intègre le dividende SAS la Boétie).

L’enquête ALTEDIA sur les salaires dans la Banque, montre ce que nous pressentions. Les salaires du Crédit Agricole sont en-dessous de la médiane du marché.

Un comble pour la première Banque Française sur le marché domestique.

Enfin, l’inflation prévue par CASA s’établirait à 2,6% en 2022, selon les dernières prévisions des économistes de Crédit Agricole SA.

Avec de tels paramètres, comment oser démarrer une négociation, avec une proposition à 0,6% des RCE, soit une augmentation des salaires de 0,46%. Comment oser finir sur une ultime proposition à 1,20% d’augmentation de ces RCE sous conditions de signature, c’est-à-dire une augmentation de 0,92% ?

SCANDALEUX, HONTEUX, INDECENT, IRRESPECTUEUX.

La prime de 800€ versée à tous les salariés de la Branche n’obèrera pas la négociation 2022 nous avait certifié le rapporteur fédéral. Permettez-nous d’en douter. Certains Directeurs généraux de Caisses régionales n’ont pas digéré ce « geste » envers les salariés. Ils ont voulu se rattraper avec cette parodie de négociation.

Les salariés ne sont pas dupes.

Nos Dirigeants oublient qu’ils ne sont pas à la tête d’Entreprises capitalistes. Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes encore dans un groupe mutualiste. Comment expliquer aux salariés de notre Caisse régionale, qu’ils vont perdre en pouvoir d’achat salarial cette année… et dans les années futures.

Les Dirigeants vont nous dire que l’intéressement sera en forte hausse cette année. L’intéressement n’est pas du salaire. C’est le partage de la richesse créée par l’entreprise et donc les salariés.

Le SNECA regrette cette position fermée des Dirigeants.

Il étudie toutes formes d’actions qui permettraient de faire bouger les lignes.